Une grande réforme pour un grand pays

Chers amis, connaissez-vous le Grand-Duché de Luxembourg ? Allez, je vous fais une description rapide. C’est au demeurant un pays petit par la taille et grand par les moyens qu’il met en œuvre pour réaliser ses ambitions, que l’Empire français avait baptisé en 1795 le « Département des forêts ». Il y a fort heureusement toujours des forêts, mais il y a aussi des villes avec des gens fantastiques, qui en plus de parler couramment trois langues, sont convaincus qu’ils n’ont pas la vérité absolue. Et que la vérité peut être aussi chez les voisins. C’est ce qu’ils ont fait pour leur service d’incendie, car ce hors-série, vous vous en doutez, n’est pas un guide touristique sur le Luxembourg. Il traite de la réforme des services d’incendie et de secours.

LuxembourgMais pour comprendre cette réforme, il faut connaître un peu ce peuple dynamique, entreprenant et multi-linguiste que sont les Luxembourgeois. Alors que nous nous penchions sur cette réforme avec mon bras droit, Fredd Verdy, et que nous envisagions de faire ce que nous appelons dans le jargon « un gros sujet », nous imaginions bien huit à neuf pages. Lors de notre premier voyage là-bas, nous avons réellement mesuré ce qui se mettait en place, et l’idée d’un hors-série est devenue une évidence. Moins de quatre mois plus tard, vous l’avez entre les mains.

Cette réforme s’apparente à un véritable tsunami. Imaginez, deux entités de secours qui se côtoient avec difficulté en se regardant à chaque intervention en chien de faïence, la Protection civile qui s’occupe exclusivement du SUAP et les pompiers qui n’interviennent que pour l’incendie et le sauvetage. Rajoutons une base nationale de secours avec des moyens logistiques qui vont de la remorque satellitaire au bus 60 places en guise de PMA entièrement armés par des bénévoles. Il y a aussi un Samu et une association privée sans but lucratif qui assure le secours héliporté gratuitement dans tout le pays.

Le 1er juillet 2018 est à marquer d’une pierre blanche, car depuis cette date, toutes ces organisations ne sont plus qu’une seule et même entité, le Corps grand-ducal d’incendie et de secours. Cet établissement gouverné par un conseil d’administration composé par l’État et les communes, avec à sa tête un directeur unique, est le résultat de plusieurs années de concertation et de travail, porté essentiellement par le gouvernement actuel. Le résultat semble à la hauteur des enjeux et des efforts fournis par tous. Ce CGDIS devient le deuxième corps national de pompiers après l’Italie. Tout a changé, sauf peut-être le numéro unique d’appel des secours, car au pays du Grand-Duc, cela fait belle lurette qu’il faut composer le 112 pour demander les secours. Tous les secours !

Retrouvez toute la réforme des services d'incendie du Grand-Duché du Luxembourg dans un hors-série spécial CGDis de 80 pages!